Petit pays, grande influence !

Il est évident que, comparée aux Etats-Unis, la France fait figure de “petit” pays (par sa taille et son nombre d’habitants). La langue française n’est pratiquée qu’en France (et les DOM-TOM bien sûr) ainsi que les pays limitrophes européens. Pas certain que l’américain moyen sache placer notre pays sur une carte du monde. Ceux qui ne voyagent pas beaucoup n’en ressentent d’ailleurs pas forcément l’utilité ou le besoin.

Et pourtant, l’une des premières choses qui frappe quand on vit un peu ici à Los Angeles, c’est à quel point la langue et la culture française sont présentes et archi-représentées ! Bien sûr, et ce dès l’aéroport, il y a les marques de luxe, Paris est l’incarnation ultime de la Mode et du Chic. Comme dans presque toutes les mégalopoles de nos jours. L’Occitane en Provence a des corners partout. Chez Nordstrom, Macy’s ou Bloomingdales (équivalent de Galeries Lafayette), on retrouve les mêmes vestiaires qu’en France (Maje, Sandro, Claudie Pierlot, Isabel Marrant etc…). On parle même dans la presse US du spectacle de Jean-Paul Gaultier !

Chaque Mall hyper tendance a sa boulangerie-pâtisserie française, avec son Chef et son personnel français. Tous les managers Ladurée sont français, le pâtissier Pitchoun à Beverly Hills est très prisé (par contre, ils vous font signer une décharge lorsqu’ils vous vendent une galette contenant la fève à l’intérieur, en cas d’étouffement). Les cartes de brunch le week-end regorgent de spécialités préparées à la Française (pour en avoir tester quelques-unes, très souvent n’est français que le nom, afin de les afficher à des prix plus élevés, à mon humble avis). 

La Mode, la grande Gastronomie, c’est la France… et aussi l’Italie je dois avouer. Los Angeles s’est beaucoup attachée ces dernières années à se rattraper au niveau culturel en développant ses musées (il n’y a pas que New-York City ou San Francisco). Au Getty Center, fasciné par Versailles, l’exhibition du mobilier de Marie-Antoinette a remporté un large succès auprès du public (très délicat de faire voyager des objets de cette valeur, cela reste une exposition remarquablement rare)  http://www.getty.edu/art/exhibitions/versailles_lacquer/

Dans le Westwood, le musée Hammer a également frappé un grand coup en proposant une exposition sur les dessins de Victor Hugo, une première sur la Côte Ouest (d’autant que cette même exposition avait eu lieu à New-York City une génération plus tôt, la curatrice n’a eu de cesse de vouloir l’exposer à L.A. et sa persistance a payé !). https://hammer.ucla.edu/exhibitions/2018/stones-to-stains-the-drawings-of-victor-hugo/

Dans la presse féminine (et autres), je m’étonne à chaque fois de l’utilisation de vocabulaire français, qui est totalement intégré à la langue anglaise. Dans les cours de ballet de mes filles, les pas de danse sont dits en français (“entrechat”, “arabesque”, “jeté” etc…). Ont basculé dans le langage courant les  “et voilà”“je-ne-sais-quoi”, “déjà vu” ou encore “cul-de-sac”. 

D’autres expressions sont déjà plus inattendues (“camouflage”, “I am so laissez-faire”, “she was not in the ambiance“).  Dans les colonnes de critiques de cinéma, j’ai arrêté de compter le nombre de qualifications à la française, c’est une mine ! (“a Tour de Force”, “Haute Voltige”, “for your consideration”, “Best Ensemble”, “costumes” etc…). 

Il est intéressant de faire le parallèle entre les familles américaines bourgeoises, qui inscrivent leurs enfants dans des écoles bilingues onéreuses afin qu’ils étudient et parlent couramment le Français (et le Mandarin) pour leur bonne éducation ; tandis que les familles aisées françaises auraient plutôt tendance à privilégier l’Allemand et le combo Latin/Grec. 

Je me réjouis que notre langue soit  autant utilisée  hors de nos frontières (même si tous ne le réalisent pas forcément, tous ces mots sont dans leur patrimoine grâce à Guillaume le Conquérant devenant Roi d’Angleterre en 1066. C’est ainsi que le français devint la langue de l’élite et le vieil anglais celle du peuple rural). 

Je me réjouis que notre langue soit “difficile à apprendre” mais tellement “belle et sexy“, que notre pays signifie le “French Art de Vivre” et que l’on nous envie notre “effortless look” de la femme française !

A notre tour, en France, de rendre la pareille en éveillant les plus petits à l’anglais et inculquer à nos jeunes un niveau de langue étrangère solide. Le développement de notre propre langue passe aussi, à mon sens, par l’acquisition de plusieurs autres, permettant ainsi les voyages, les échanges et logiquement, un plus vaste rayonnement.

 

 

 

 

10 months ago

Leave a Reply